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Georges Clémenceau, illustre résident
de la ville voisine de St Vincent sur Jard, a décrit au début
du siècle la commune d'Angles comme un " petit bourg
situé à l'extrême limite du bocage au point
précis où la mer en se retirant a découvert
l'immense plaine verdoyante du marais vendéen (
) et
où l'élevage constitue l'industrie du pays, tout le
bétail étant au marais
". Cette vocation
agricole est longtemps restée le moteur économique
de toute une région mais, depuis les premiers écrits
du Tigre, bien des choses ont changé...
Les origines du village
Au début du XIe siècle, de multiples
incursions normandes créent un sérieux climat d'insécurité
dans la région provoquant un dépeuplement important.
En sus de leurs efforts militaires (construction
de la Tour de Moricq...), les seigneurs locaux, dont le prince
de Talmont, tente de réagir à partir de 1040 afin
de sauvegarder la sécurité et la viabilité
de leurs domaines.
Leur objectif : attirer de nouvelles populations, notamment des
barons, en leur fournissant propriétés foncières
et moyens financiers permettant le développement d'une activité
agricole autour d'un pôle (église, abbaye
). C'est
dans ce contexte de repeuplement que la cité angloise a connu
sa fondation vers 1075 grâce à l'établissement,
sur les ruines d'une ancienne villa gallo-romaine, de l'église
Sancta Maria de Anglis (Ste Marie des Anges) par Guillaume fils
d'Herbert.
Les origines du nom
Angles
De là est né le nom angliis puis de
angulis, de anglis et enfin Angles à partir du XVIIe siècle.
D'ailleurs, l'origine de ce mot est largement discutée puisque
deux thèses étymologiques s'affrontent : la première
prétend puiser ses racines dans " Gallia Christiana
" qui mentionnerait l'église Sancta Maria de Anglis,
l'église Sainte Marie des Angles,
ce qui aurait donné par contraction de anglis. La deuxième
s'appuie plutôt sur la configuration géographique de
l'époque en expliquant que le nom d'Angles serait un dérivé
du latin angulus, terme désignant une région ou un
terrain en forme de coin. Entre les deux sources originelles, angulus
(angle) et angelus (ange), l'étymologie exacte du village
Angles balance donc, suscitant encore aujourd'hui de nombreuses
interrogations.
L'évolution
du village
Au 8 mars 1999, la cité angloise comptait
1582 habitants, soit une densité de 46 habitants au km².
Si la population a stagné au cours des années 60 et
70 (environ 900 habitants), elle n'a cessé de croître
depuis passant de 1153 habitants en 1982 à 1314 en 1990 puis
environ 1600 aujourd'hui. Mais au delà des strictes considérations
démographiques, c'est surtout l'évolution économique
et sociale de la commune qui marque les esprits : autrefois bourg
rural et vivant essentiellement du marais (élevage, cultures
),
Angles se positionne aujourd'hui comme une véritable cité
touristique rétro-littorale tout en conservant son caractère
et son authenticité. Elle offre depuis une quinzaine d'années
une capacité d'accueil importante et diversifiée (campings,
meublés touristiques, chambres d'hôtes
) tout
en proposant aux résidents à l'année un village
dynamique et pratique (tous commerces
et services ouverts en été mais aussi en hiver, une
vie associative riche avec plus de 25 associations, etc.).
Le secret de la réussite de ce petit bourg
du Sud Vendée réside donc dans une fabuleuse alchimie
tendant à concilier traditions locales, authenticité
architecturale, développement touristique et dynamisme économique.
Et n'en déplaise à Georges Clémenceau, diversité
et évolution obligent, l'élevage ne constitue plus
la seule et unique industrie du pays
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