|
Si vous longez le canal des bourrasses, vous trouverez
au détour d'un chemin un charmant pavillon qui ne se lasse
de se mirer dans le miroir des eaux vertes et tranquilles du marais
: le pavillon d'octroi.
On ne connaît pas la date de construction
du pavillon d'octroi dit " le pavillon " ou bien encore
" l'octroi ". Il est simplement mentionné dans
le cadastre communal de 1846 mais sa véritable création
paraît bien antérieure à cette date. Situé
à quelques centaines de mètres de la limite séparative
du territoire de la commune de Grues, il appartient aujourd'hui
à la commune d'Angles. Son rôle consistait à
la perception de taxes indirectes prélevées au
profit des communes sur les denrées destinées à
la consommation locale, taxes qui avaient pris le nom d'octroi.
Auparavant institué par l'Ancien Régime et perçu
au profit du Trésor Royal, cet impôt fut supprimé
à la Révolution (constituante de 1791) puis rétabli
en l'an VII et l'an XI (1798-1803). Il fut ensuite réglementé
par différents décrets et lois sous la Restauration
(1814-1816) puis sous le Second Empire (1852-1867) et enfin sous
la IIIe République. Il est définitivement aboli en
1948 lors de la réforme fiscale mais non sans contrepartie
puisque la taxe locale, perçue par les administrations locales,
se substitua à l'octroi.
Les droits d'octroi ne devaient pas avoir de caractère prohibitif,
ni constituer un impôt trop lourd à supporter pour
les classes pauvres. Cependant, il existait des surtaxes éventuellement
appliquées aux classes plus aisées. Les droits étaient
votés par les conseils municipaux sur les matières
suivantes : boissons et liquides (à l'exclusion de boissons
dites hygiéniques), comestibles, combustibles, fourrages,
matériaux et objets divers.
Tout objet soumis devait être déclaré avant
son introduction sur le territoire par le porteur, constructeur
ou charroyeur qui devait produire justificatifs (congés,
acquits, passavants ou lettres de voitures
) et acquittait
ensuite les droits. Toute fraude, quelle qu'elle soit, donnait lieu
à une amende, à la confiscation des objets transportés
ainsi que des moyens de transport.
Même si les preuves et les certitudes font
aujourd'hui défaut, il est facilement imaginable que le
Pavillon permettait le contrôle et la perception de l'impôt
sur les marchandises de transit. C'était une autre époque,
plus lointaine, une époque où la mer était
toute proche, le Port de Moricq encore actif et la géographie
du lieu en pleine évolution
|